Lapicque a réalisé de magnifiques tapisseries. Il faut dire que son art se prêtait plus que tout autre à la transposition en tapisserie. Encore fallait-il avoir le courage d'entreprendre ces chantiers coûteux.

Voici donc quelques exemples de ses tapisseries.

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François PLUCHART
Introduction du catalogue Tapisseries par la Galerie GALANIS en 1964

Lapicque utilise tout ce qui est bon à faire de la tapisserie. Il cherche dans ses cartons, et souvent dans sa mémoire. Il se risque, d'une œuvre, à en faire une autre. Il brouille le temps. Il aime les positions d'esprit scabreuses, et ce qu'il sait faire, il le rejette. Il se plaît à modifier, à corriger des œuvres anciennes en les recréant selon les exigences de la tapisserie. Il enrichit celle-ci de son œuvre et, en échange, il lui demande de nouvelles leçons de difficulté. Le miracle se risque.
Lapicque réutilise d'anciennes études. Il les assied dans un fauteuil baroque, il les délivre de leur cadre, il leur donne une nouvelle dimension formelle. Il retrouve en profond la vérité de la tapisserie, le langage perdu. Il propose une justification neuve des espaces multiples. Ainsi, dans "La chasse au tigre" ou dans "Les Deux Nuits du Christ". Dès lors, ce qui étonne et ravit dans cette œuvre-là, c'est que les tapisseries atteignent à une beauté, à une vérité, à une hauteur conceptuelle aussi profondes que dans l'œuvre peinte. Le miracle a seulement changé de peau.
Lapicque en vint à réaliser ces deux sommets que sont "Pélops" et "Diane et Actéon". J'ai conscience qu'il ne faut jamais chercher à décrire une œuvre d'art. Qu'on regarde. Qu'on admire la science de la composition, la pureté linéaire, la perfection technique, la beauté de la couleur, la vérité du drame. Qu'on y voie, si on le peut, la présence implacable du génie.