"Le chemin des justes est une lumière d'aurore" Livre des proverbes 4, 18 

Ce jeudi 18 janvier 2007, à 18h. , une cérémonie solennelle a fait entrer au Panthéon Charles et Aline LAPICQUE avec 2.723 autres Français reconnus par le Yad Vashem de Jérusalem comme "Justes parmi les nations". 

L'assistance, très nombreuse, était répartie de trois côtés de la coupole sous laquelle on pouvait voir un parterre de photos et portraits de Justes, "paysans, instituteurs, boulangers, concierges, secrétaires de mairie, policiers, gendarmes, prêtres, pasteurs ou religieuses, (et) tant d'autres" (dont un artiste peintre et son épouse, femme au foyer) comme l'indiquait le président de la République dans la préface de la plaquette éditée pour la circonstance : à gauche (secteur bleu) au premier rang, le Gouvernement conduit par le Premier ministre voisinait avec les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, des parlementaires et de nombreux autres élus; au centre, dans la nef principale (secteur blanc), les Justes, les Juifs rescapés et leurs enfants, les anciens déportés et résistants et leurs familles; à droite (secteur rouge), les personnalités civiles (comme Robert Badinter ou d'autres) et religieuses, avec le cardinal Lustiger, Mgr. Vingt-Trois, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont (président de la K.E.K.), le grand rabbin de France, des représentants de la communauté musulmane, etc. 

Canalisée par un rigoureux service d'ordre, l'entrée se faisait en montant les marches du Panthéon sur lesquelles la Garde républicaine avait pris place en grande tenue, sabre au clair.

Ouverte par un discours émouvant de Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, la cérémonie a continué avec un important discours du Président de la République, suivi d'un chant a capella "Figure humaine", cantate pour double choeur mixte, composée volontairement privée d'accompagnement musical, par Francis Poulenc sur des textes de Paul Eluard s'achevant sur le magnifique poème "J'écris ton nom... liberté !". Souvenir d'un temps où l'inhumanité paraissait triompher (en 1943), donnée à Londres, siège de la France libre, en mars 1945 par les choeurs de la B.B.C., l'oeuvre fut reprise à Paris en 1947.

Précédés par quatre jeunes enfants, Jacques Chirac et Simone Veil descendirent ensuite dans la crypte pour se recueillir devant l'inscription apposée sur le mur d'un caveau réservé aux Justes de France :

"HOMMAGE DE LA NATION AUX JUSTES DE FRANCE"

Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'Occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés "Justes parmi les Nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité.

Dans le même bras de la crypte, les caveaux immédiatement voisins accueillent Jean Moulin, René Cassin, André Malraux et Jean Monnet (VI), Condorcet, Monge et l'abbé Grégoire (VII). Un peu plus loin, repose le professeur Jean Perrin, mort en exil, prix Nobel, père d'Aline Lapicque, transféré au Panthéon il y aura bientôt 60 ans : prestigieux regroupement familial dû à des talents et plus encore à des valeurs partagées dont l'exemplarité est propre à traverser les âges.

Norbert Ducrot

Le timbre édité à cette occasion


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