Biographie détaillée (tirée du catalogue raisonné des estampes)

Cette biographie est empruntée au catalogue publié à l'occasion de l'exposition : « DESSINS DE LAPICQUE » au centre national d'art et de culture Georges Pompidou, Musée national d'Art Moderne - 19 Mars -23 Avril 1978.

1898 Naissance le 6 octobre à Theizé (Rhône), d'une famille originaire des Vosges. Son père décède à sa naissance. Il est adopté par son oncle, le physiologiste Louis Lapicque (voir un texte de Carine Peltier sur Louis Lapicque).

1900 Premier séjour en Bretagne, près de Paimpol. Il y retournera chaque été.

1903 Commence l'étude du piano.

1909-17 Habite Paris. Etudes secondaires. Pratique le dessin d'imitation au lycée et d'imagination à la maison. En 1915, commence l'étude du violon. En été, s'initie à la navigation.

1917-19 Mobilisé dans l'artillerie de campagne, où il monte à cheval.

1919 Entre à l'Ecole Centrale. Se passionne pour le dessin d'architecture et pour le dessin industriel.

1920 Commence à peindre à l'huile.

1921 Ingénieur dans la distribution d'énergie électrique, près de Lisieux, puis à Paris. Peint le dimanche.

1925 L'Hommage à Palestrina, peinture « abstraite » enthousiasme Jeanne Bûcher. Elle fait entrer Lapicque dans sa galerie.

1928 Quitte son métier d'ingénieur pour peindre. Entre 1925 et 1928, Lapicque sera sociétaire des Artistes Indépendants.

1931-35 Doit accepter au laboratoire de physique de la Faculté des Sciences un poste de préparateur qu'il conservera jusqu'en 1943. Entreprend l'étude photométrique des pigments colorés. Ses découvertes optiques l'amènent à renverser la loi classique d'échelonnement des couleurs dans l'espace (ses travaux scientifiques). 

1935 Rencontre Gabriel Marcel qui l'invite à des séances de discussion où il fera la connaissance de Jean Wahl.

1937 Exécute cinq décorations murales pour le Palais de la Découverte. L'une d'elle, "la synthèse Organique", est primée lors de l'inauguration du Palais.

1938 Pratique la clarinette, le basson, le trombone et le cor d'harmonie. Participe pendant plusieurs années à des ensembles d'amateurs. Premières sculptures en granit.

1939 En septembre, mobilisé au Centre national de la Recherche Scientifique. Etudes sur la vision nocturne et le camouflage.

1939-41 Figures et paysages « à ossature bleue » (Jeanne d'Arc passant la Loire, 1940 ; Sainte Catherine de Fierbois, 1940 ; La vocation maritime, 1940, qui figure à l'exposition « Jeunes peintres de tradition française ») (Paris, gal. Braun 1941).

1942-43 Compositions à perspectives multiples (Ferme en Ile-de-France, 1942 ; La Roque-Baignard, 1943), parfois habitées par des personnages transparents (Albertine disparue, 1943).

1943 Reçoit un contrat de la galerie Louis Carré et abandonne son poste de préparateur à la Faculté des sciences.

1944-45 Abondante production de dessins entraînant un nouveau système de figuration à base d'entrelacs (Les Buveurs).

1946-47 La Bretagne retrouvée après la guerre est la principale source d'inspiration. Développement du système de boucles et d'entrelacs dans des marines (Les Régates, 1946), des figures (Les deux mandarins, 1947) et des paysages (Calvaires bretons, 1947).

1948 Première conférence au Collège philosophique que vient de fonder Jean Wahl. Figures humaines où transparaît le squelette (La danse macabre, Hamlet). Nommé « peintre de la Marine » (il le restera jusqu'en 1966). (voir la page sur Lapicque et la Marine)

1950 Série des « figures armées » (Portrait du duc de Nemours, Henri III).

1950-52 Peintures et dessins sur les concours hippiques et les courses d'obstacle (automne 1950 - été 1951 ), puis sur le thème des « régates » et des « destroyers en manœuvre » (automne 1951-1952). Visite l'Atlas saharien à l'occasion d'une manœuvre d'escadre (février 1951).

1953 Figures héraldiques et mythologiques « à ossature blanche » (Charles d'Aquitaine). Reçoit le prix Raoul Dufy de la Biennale de Venise, consistant en une bourse de voyage dans cette ville, où il fera quatre séjours entre 1953 et 1955. Nombreuses peintures inspirées par Venise et la Vénétie (1954-56), suivies d'une série de toiles bretonnes (1956).

1957 Séjour à Rome, à l'origine d'une première série de peintures : vues de Rome et de sa campagne, grandes compositions à espaces multiples inspirées par l'histoire de la ville.

1958-59 Séries consacrées à la Bretagne - Manœuvres, Mouettes, Lagunes.

1960 Reprise des thèmes romains : sujets nocturnes, principalement inspirés par la vie des premiers chrétiens.

1961-62 Séries consacrées aux fauves, tigres puis lions, parfois associés à des souvenirs historiques (Antoine et Cléopâtre, 1962). Premiers cartons de tapisserie. Gravures pour Appareil de la terre de Jean Follain.

1963 Série des Boîtes de chocolat. En avril, visite de la Grèce qui lui inspire une série où se mêlent paysages et sujets mythologiques.

1965 Série du Tennis. Paysages, diurnes ou crépusculaires, suscités par des promenades d'hiver en banlieue.

1966-68 Peintures sur le thème de la musique (La suite en ré, 1967), prolongées par une série sur le thème du Golgotha (1968). Illustrations pour Les bijoux indiscrets de Diderot, Temps présumés de Paul Chaulot, CLXXXI proverbes à expérimenter de Jean Guichard-Meili, O et M de Charles Estienne. A partir de 1967, production considérable de figures dessinées.

1968-69 Série de marines inspirées par un été très venteux (Le coup de vent), évoquant parfois les temps épiques de la marine à voile (Les Cap-Horniers).

1969 Série des fermes bretonnes. Retour à la sculpture (éléments métalliques assemblés par des boulons : Richard Cœur de Lion, 1969 ; ou matière plastique : L'Anachorète, 1970). Cette production, destinée à l'édition, se poursuit de 1969 à 1972.

1970 Hommages à Boudin. Paysages et vues d'églises de Bourgogne (Tournus). 1971-72 Série de « portraits imaginaires » à la gouache puis à l'huile.

1973 Paysages d'Espagne, à la suite d'un voyage de quelques jours.

1974 Paysages de Hollande et peintures inspirées par Franz Hais, à la suite d'un très bref voyage.

1975 A la suite d'un voyage à Vézelay, série de La basilique imaginaire. Série des Invalides.

1976-77 Paysages et scènes « historiques » inspirés par les châteaux de la Loire et par l'art espagnol du Nouveau Monde.

1978 Paysages imaginaires avec personnages.

1981 « Paris-Paris » 1937-1957 - Centre Georges Pompidou. Un hommage particulier avec sept œuvres exposées.

1988 Charles Lapicque s'éteint à Orsay.